Près des gares où aux endroits fréquentés, ces charette-restaurants procurent tentation et intimidation aux étrangers comme moi.
Un des rares regrets que j'éprouve au sortir de mes dix mois passés au Japon: ne pas avoir rencontré la triple coïncidence qui m'aurait fait tenter l'aventure urbano-gustatitive. Pour cela il m'aurait fallu simultanément: avoir faim, tomber sur un de ces marchands ambulants, être dans une condition psychologique m'offrant l'audace de m'y asseoir. Jeune et étranger parmi les vieux japonais qui fréquentent usuellement ces établissements -bien que peu établis-, cette dernière condition était sans doute la plus dure à remplir. Assis bêtement à moins de 50cm du cuisinier vous concoctant râmen (ラーメン), oden (おでん), yakitori (焼き鳥) ou que sais-je encore, la situation débouche fatalement sur un face-à-face qu'il est sans doute préférable d'agrémenter d'une discussion, ou du moins d'une sensation de bien à l'aise que je n'aurai su garantir.
Je me dis que ça sera pour la prochaine fois, quand mon niveau de japonais me permettra d'assurer une discussion sur le seul thème des yakitori. Les photos ont été prises devant la gare d'Iidabashi (飯田橋), sur l'allée qui mène à la presqu'île d'Enoshima (江ノ島), et devant la gare de Shinjuku (新宿).