Hanabi (花火) signifie feu d'artifice, mot à mot cela se traduit par "fleur de feu".
Les japonais sont passés maîtres dans ce domaine, et quand j'écris ça je n'exagère pas, l'engouement de la population pour ces spectacle y est proportionnel. Une, parfois deux heures de spectacles s'enchaînent. Une, parfois deux journées avant l'heure les japonais s'installent et se réservent un emplacement stratégique en vue d'un confort visuel total. Ainsi dans les grandes villes, le soir venu ce sont des hectares de bâches bleues et des tonnes de japonais qui jonchent les rues en attendant 19h. En attendant le début du spectacle, les organisateurs peuvent communiquer avec le public par fusée interposée pour annoncer si la météo empêchera le feu ou non, s'il faudra remettre cela demain ou pas.
Durant le spectacle, fonction de votre placement c'est une quantité plus ou moins grande de résidus de fusées qui vous retomberont dessus, mais le spectacle vaut le coup. Les artificiers rivalisent de talent et dessinent aujourd'hui dans le ciel le visage de vos personnages préférés japonais: Kitty Chan, Doraemon... Et puis s'enchaînent les couleurs, les clignotements, les détonations pendant en général une heure et demi! A vrai dire notre 14 juillet fait bien pâle figure face aux artificiers nippons...
Parmi les "gros" Hanabi, il y a par exemple celui de la rivière Sumida (隅田川) à Tokyo (東京), du côté de Asakusa (浅草). Bien avant le début du feu d'artifice, le spectacle est déjà impressionnant. Dans les rues fourmillent des milliers de japonais en kimonos et yukata, la progression s'y fait terriblement lentement, les métros sont surchargés, sortir d'une gare vous occupera 20 minutes, des centaines de policiers font respecter l'ordre en hurlant dans leurs mégaphones; on croirait une évacuation d'urgence de la ville après une catastrophe. Pourtant le spectacle n'en sera pas forcément proportionnellement bon: effectivement certaines législations limitent les artificiers dans le cadre urbain que représente Tokyo et ses immeubles. Impossible alors pour nos artistes d'élaborer des fusées aux dimensions extraordinaires comme cela peut-être le cas par exemple à Atami (熱海) où j'ai pu admirer des explosions énormes et des fusées décollant à 360 mètres. Moralité, pour bien apprécier les feux d'artifices japonais, renseignez-vous bien et n'imaginez pas que les meilleurs sont à Tokyo.
Mais finalement, qui paye pour ces millions de yens? Des entreprises qui jouent les sponsors, pour vous, c'est gratuit.