Les parapluies -en Japonais "kasa": 傘- sont très employés ici, beaucoup plus que chez nous où l'on préfère la capuche et son style associée.
Ici si vous sortez le matin sans parapluie mais que dans la rue tout le monde a le siens, rentrer vite chez vous avant le déluge. Les parapluies sont chez tout le monde, devant tous les magasins, et dedans aussi. Lorsqu'il se met à pleuvoir et que l'endroit est animé c'est la mission pour ne pas se cogner ou éborgner son voisin, typiquement à Shibuya (渋谷)le samedi après-midi la vue de haut sur le carrefour principale vaut son pesant de cacahuète rien que pour admirer un millier de parapluies qui donnent l'impression de bouger tout seul.
En France on mange du fromage, alors on a inventé le couteau à fromage. Ici on a des parapluies, et l'on a donc inventé toutes sortes de choses qui facilitent la vie dudit parapluie. D'abord de quoi ranger son parapluie lorsque l'on pénètre un musée, un grand immeuble ou quelque chose d'imposant; cela consiste en un meuble où l'on fixe son outil par la poignée en échange d'une clé qui vous permettra de le récupérer plus tard, et ce gratuitement. Ensuite lorsque l'on a affaire à un -simple- supermarché, restaurant, izakaya (居酒屋); cette fois-ci c'est une poche vinyle au format adaptée qui vous sera distribuée et dans laquelle l'eau accumulée sur la toile de votre parapluie restera, afin d'éviter de tremper tout le magasin. En cas de grosse averse et de cohue à l'entrée, les vendeurs s'empresseront de s'occuper de vous pour gagner du temps. En cas d'endroit un peu plus luxueux la poche plastique sera remplacée par un joli sac à l'effigie du magasin. Un peu plus performant maintenant la machine qui emballe toute seule votre parapluie, glisser le verticalement par en haut et il ressortira emballé et étanché. Enfin dans un dernier style le MacDonald's et son système secoue-toi-même-ton-parapluie où entre deux plaques en éponge on vous demandera d'égoutter votre ami en le remuant.
Alors pourquoi tant de parapluies? Ils sont pratiques car à surface transparente, les moins chers ne coûtent que 100Yens(0,8€), la saison des pluies est une réalité, la capuche est un accoutrement ridicule.
Enfin, les parapluies oubliés sont légions, on en trouve pleins les rues. Une fois les averses finis les gens les accroche souvent aux grilles, donnant lieu à des visions insolites. Parfois les magasins les libèrent sur le trottoirs par dizaines, et l'on se rend compte qu'au Japon il y a obligatoirement beaucoup plus de parapluies que d'être humains. Il s'agit de les surveiller de près, s'il leur venait l'idée de devenir intelligent, ce serait peu-être le début d'une nouvelle aire parapluiolithique.