Vous connaissez Shibuya (渋谷) et son grand carrefour, vous l'avez vu à la télévision, dans Lost in Translation oubien y êtes-vous allé en personne. Mais tôt le matin le spectacle est différent.
Shibuya est un quartier très vivant, quand vient le soir ce sont des milliers de personnes qui se croisent sur son gigantesque carrefour, des centaines de personnes qui s'attendent autour de la statue d'Hachiko, et lorsqu'il pleut c'est l'enfer des parapluies. La population est éclectique mais on notera les ganguro en archi-minijuppe et maquillage sordide ainsi que les rabatteurs pour magazines douteus qui cherchent des jolies filles pour poser , mais aussi des lycéens, des clochards, et des gaijins. C'est l'endroit où les gens sortent, où les gens font du shopping, pour certaines c'est l'endroit, tout court.
Tout cela nous amène au sujet de cet article, et le spectacle d'un Shibuya à 6h du matin est dans un autre registre que le Shibuya de 21h, original.
Premièrement les écrans géants du géant carrefour sont éteints, impliquant un calme inhabituel ici-bas. Ensuite les ordures dont les éboueurs s'attellent au ramassage par convois de camions tant elles sont nombreuses, c'est logiquement qu'apparaissent alors les corbeaux qui infestent alors les rues, sans crainte aucune des passants. Les piétons justement quant à eux n'ont pas l'air frais mais sont assez nombreux, dans la horde de magasins fermés ils font la queue devant les 5 ou 6 ramenya encore ouvertes ou comme moi préféreront un negitorodon et son saumon cru. Non loin de là un spectacle un peu inhabituel en ce samedi 25 février: une file d'attente qui dure, qui dure autant que des piles Duracell. Toute la nuit des japonais restés là sur un carton, une chaise de camping, certains équipés chaudement pour faire face à la froideur nocturne, d'autres équipées légèrement pour rester dans le style Shibuya, en juppe. Les canettes de café vont bon train et je n'ai pas su déterminer devant quel magasin l'attente se faisait, tant la file s'étirait devant nombre de devantures. Il me semble tout de même qu'il s'agissait d'un HMV, mais alors pour quoi, ça, je ne sais toujours pas. Enfin certaines personnes attendent toujours un rendez-vous auprès d'Hachiko, à 6h c'est un peu étrange mais bon, c'était peut-être le club des insomniaques Tokyoïtes qui partaient pour un mahjong à Yoyogi. Enfin le train que j'imaginais bêtement vide -ah quel provincial je fais-, quenini, la Yamanote était remplie, pas moyen de s'asseoir.